TOTAL SE RENFORCE DANS UN PROJET CONTROVERSÉ EN OUGANDA Spécial

Écrit par  Avr 26, 2020

Après des années de bataille, Total va pouvoir lancer un grand projet en Ouganda après avoir acquis les parts du britannique Tullow. Mais plusieurs ONG françaises et ougandaises veulent faire obstacle à cette exploitation, qui selon elles, porterait atteinte à l'environnement et aux droits humains.

Le groupe pétrolier va acquérir l'ensemble des intérêts de la société pétrolière britannique Tullow dans le projet de développement du Lac Albert en Ouganda et dans le projet d'oléoduc East African Crude Oil Pipe Line (EACOP), qui doit traverser la Tanzanie. "Cela s'inscrit pleinement dans notre stratégie d'acquisition de ressources long-terme à bas coût", a salué le PDG de Total, Patrick Pouyanné, dans un communiqué. Total doit verser à Tullow 575 millions de dollars ainsi que des paiements conditionnels, indexés sur la production et les cours du pétrole.

Un projet controversé

L'opération avait jusqu'à présent coincé sur des questions fiscales et la taxation du produit de la vente. "Les conditions de la transaction ont été discutées avec le gouvernement ougandais et les autorités fiscales compétentes, et un accord de principe a été conclu sur le traitement fiscal de la transaction", a précisé Total. Cet "accord fruit d’un bras de fer fiscal va permettre à Total de relancer de plus belle son méga-projet pétrolier", a de son côté regretté Juliette Renaud, des Amis de la Terre France.

Ce projet géant mené avec la compagnie chinoise CNOOC, est en effet très critiqué par des ONG qui dénoncent les impacts sur les populations et l'environnement. Six ONG françaises et ougandaises ont ainsi assigné Total pour l'obliger à revoir son "plan de vigilance", une disposition imposée à toutes les multinationales par une loi française de 2017."Il est question de graves atteintes aux droits humains et à l'environnement", avaient estimé Les Amis de la Terre et Survie.

Une procédure judiciaire en cours

Fin janvier, le tribunal judiciaire de Nanterre (proche de Paris) s'était déclaré incompétent et avait renvoyé l'affaire devant le tribunal de commerce. Les ONG ont cependant fait appel de la décision et le 18 avril, Total avait alors demandé aux ONG de publier un droit de réponse. Un "changement de stratégie" qui avait intrigué les Amis de la Terre, selon l’AEF Développement durable, anticipant une éventuelle attaque en diffamation.

Comme précisé en décembre lors de son assignation, le directeur juridique de Total, Aurélien Hamelle, y "réfute catégoriquement l’existence 'd’atteintes graves aux droits fondamentaux des populations affectées par le projet' dans le cadre des projets [d'extraction] Tilenga et [d'oléoduc] Eacop et considère que, bien au contraire de ce qui est soutenu par les Amis de la Terre, son plan de vigilance est mis en œuvre avec le plus grand sérieux". La justice devrait trancher prochainement lors de l’audience qui se tiendra devant la Cour d’appel de Versailles.

AFP

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