FRANCE : À QUELQUES JOURS DU DÉCONFINEMENT, NICOLAS HULOT LIVRE SES PROPOSITIONS POUR UN "MONDE D'APRÈS" PLUS SOLIDAIRE Spécial

Écrit par  Mai 10, 2020

Le temps du changement est venu. Dans une tribune, Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique, appelle à se délester du "monde d'avant" mis à l'arrêt par le Covid-19 pour construire un après "radicalement différent". Il donne le cap à travers cinq propositions qui sont les "cinq premières marches vers un nouveau monde". Et l'ancien ministre n'est pas isolé, tant les appels se multiplient en ce sens.

La démission de l’ancien ministre de la Transition écologique avait provoqué, il y a deux ans, un véritable sursaut écologique chez bon nombre de citoyens, via notamment, l’Affaire du siècle, pétition la plus signée de l’histoire, et les marches pour le climat. À l'heure où la France doit engager sa sortie de crise du Covid-19, Nicolas Hulot tente de nouveau de proposer un cap. "Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force. On ne pourra plus prendre l’avion comme avant, plus avoir un produit par Amazon du bout du monde en 24 heures", prévient-il dans un entretien au Monde.

L’ancien ministre a ainsi publié cinq mesures politiques concrètes, les "cinq premières marches vers un nouveau monde", écrit la Fondation qui porte son nom. Il appelle à une Europe des solidarités via la création d’un fonds européen de relance et de transformation écologique de "plusieurs milliers de milliards d’euros". Nicolas Hulot demande également de financer la transition dans les collectivités territoriales et juge que "le temps est venu de passer du libre-échange au juste échange en mettant fin aux accords de libre-échange par l’Union européenne".

Enfin, Nicolas Hulot appelle à la relocalisation en France et en Europe de certaines activités. Surtout, il demande un engagement écologique explicite des acteurs économiques qui bénéficieraient d’aides financières. L’ancien ministre aspire ainsi à guider la France vers "une troisième voie entre l’autarcie et le néolibéralisme" et espère que la crise sanitaire va "éveiller les esprits, y compris d’Emmanuel Macron".

Une mobilisation massive 

Et dans cette démarche, il n’est pas isolé. Dans une tribune publiée le 6 mai dans Le Monde, 200 artistes et scientifiques, de Madonna à Cate Blanchett en passant par Juliette Binoche ou Marion Cotillard, disent "non à un retour à la normale". "La transformation radicale qui s’impose - à tous les niveaux - exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence", écrivent-ils.

Et justement, pour pousser les décideurs politiques aux actes, ce ne sont pas moins de 70 organisations qui ont lancé ce 7 mai un appel à une "reconstruction écologique, sociale et sanitaire". Une coalition éclectique et large, rassemblant à la fois Emmaüs, WWF, The Shift Project ou encore Entrepreneurs d’Avenir, qui a pour ambition de créer une mobilisation telle que l’Affaire du siècle avait engendré. Le but est de rassembler un maximum de citoyens pour interpeller les élus. 

L'occasion ou jamais de changer de cap

"On est à un carrefour historique en termes de prises de décisions", avance Véronique Andrieu, directrice générale du WWF. "Il est vraiment temps de peser et d’influencer ces décisions", croit-elle. Cette démarche est issue, à l’origine, de mouvements de jeunes, dont le collectif des étudiants de grandes écoles "Pour un réveil écologique", qui ont appelé les autres organisations à les rejoindre. Ils ont réussi à rallier plusieurs associations qui défendent l’écologie, la biodiversité, la démocratie, le partage des richesses mais aussi le service hospitalier. En temps de crise du Covid-19, leur présence était cruciale.

"Aujourd’hui les effets du changement climatique impactent directement la santé environnementale et la population. Nous observons de nouvelles pathologies émergentes liées au changement climatique. Ce qui nous semble important c’est de garantir la pérennité des activités essentielles du service public, de l’éducation au système de santé", appelle Félix Ledoux, président de la Fédération Nationale des Étudiants en soins infirmiers. Tous espèrent qu’au-delà de leurs mots, repris par les élus, parfois même par les grandes organisations patronales, déboucheront des actes à la hauteur de l'urgence actuelle.

NVTC

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