Cameroun : dernière ligne droite pour le barrage de Mekin

Écrit par  Aoû 01, 2019
Le gouvernement camerounais a annoncé que la réception définitive de la centrale hydroélectrique de Mekin est programmée pour janvier 2020. D'ici là, le barrage subira encore une batterie de tests, en procédant notamment à une mise sous tension partielle.
 Après une série de problèmes techniques, qui ont retardé l'ensemble du chantier démarré en 2012, le ministère camerounais de l'Eau et de l'Énergie a finalement annoncé que la réception définitive du barrage de Mekin, dans le sud du pays, se fera le 15 janvier 2020. D'un coût total de 25 milliards de francs CFA -soit environ 38 millions d'euros-, la centrale hydroélectrique, implantée sur le fleuve Dja, disposera alors d'une puissance de 15 MW. Avant sa réception provisoire, fin janvier dernier, la plupart des problèmes avaient déjà été réglés par l'entreprise en charge du chantier, la China National Electric Engineering Corporation. S'il restait encore prudent, le ministère se félicitait toutefois de l'avancée du programme d'amélioration.

«Le groupe n°2 ayant connu des anomalies plus sérieuses au niveau de son arbre, en mai 2018, il est en cours de révision. La marche probatoire des groupes 1 et 3 a en revanche eu lieu avec succès du 1er au 14 novembre 2018. La réception en usine de ces travaux est prévue pour avril 2019»détaillait ainsi un communiqué.

Quelques mois plus tard, fin mai, l'équipement a effectivement pu être lancé, en présence de Gaston Eloundou Essomba. «Cette mise sous tension vient renforcer la sécurité de l'approvisionnement et la qualité de l'énergie électrique dans les villes et localités avoisinantes de ladite centrale», se réjouissait le ministre camerounais de l'Eau et de l'énergie. Les villes de Meyomessala et de Sangmélima disposent désormais d'un approvisionnement en électricité de près de 10 MW. Dans les mois à venir, c'est jusqu'à Yaoundé que sera expédiée cette énergie.

Un potentiel de 12 000 MW

Tandis que, selon des estimations de la Banque mondiale, 62% des Camerounais sont encore privés d'électricité, le pays manque toujours de moyens de production modernes. La puissance installée est actuellement estimée à 1 400 MW, pour une demande globale de plus de 2 000 MW, aujourd'hui compensée par des importations, toujours coûteuses et incertaines.

Pour changer la donne, le gouvernement a décidé de miser sur les énergies renouvelables, et notamment sur l'hydroélectricité, dont le potentiel est estimé à 12 000 MW. De quoi satisfaire plus que largement la demande intérieure. Le Cameroun est traversé par plusieurs cours d'eau puissants, comme le Sanaga, le Chari, le Wouri, ou encore le Nyong. Si des centrales hydroélectriques existent déjà, plusieurs projets, outre celui de Ségou, en sont actuellement à des phases de développement plus ou moins avancées.

Lui aussi en retard sur les prévisions de livraison, le barrage de Memve'ele a ainsi été officiellement mis sous tension le 16 avril. Installé à Nyabizan, sur le fleuve Ntem et à 300 kilomètres environ de la capitale Yaoundé, il a été construit par l'entreprise chinoise Sinohydro. Si la centrale ne fournit pour l'instant que 80 MW, elle disposera d'une puissance finale de 211 MW, pour un budget total de plus de 640 millions d'euros. Parmi les autres projets actuellement à l'étude, citons ceux de Nachtigal-Amont, de Song Dong, et même de Song Mbengue, avec ses 950 MW !

La tribune.fr

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