Au Malawi, la lutte contre le gaspillage alimentaire Spécial

Écrit par  Nov 06, 2019

Au Malawi, en Afrique, le manque de compétences pour manipuler et stocker les récoltes est l'un des plus grands défis auxquels sont confrontés les petits exploitants agricoles. Près d'un tiers de leurs rendements durement gagnés est perdu par les rongeurs, les charançons et la décomposition quelques mois à peine après la récolte. Une situation qui encourage le Programme alimentaire mondial (PAM) à trouver des solutions concrètes pour éviter le gaspillage en stockant mieux.

Ne pas gaspiller c'est commencer par bien stocker la nourriture. Le défi est immense dans certains pays à agriculture pré industrielle.  Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) rapporte ainsi le cas du Malawi où une campagne a été mise en place pour lutter contre les gaspillages. Le PAM prend pour exemple « Timothy Katumbu, 60 ans, et sa femme Alice, du village de Mchoka, qui avaient l'habitude de garder leurs produits dans un grenier à grains fabriqué localement, mais qui en perdaient une partie à cause des rongeurs. De plus, Timothy peinait à trouver des acheteurs pour ses produits, car leur qualité était endommagée par de mauvaises conditions d'entreposage. Mais depuis la construction d'un entrepôt dans sa région, il dispose, depuis 2016, d'un endroit sûr pour entreposer ses récoltes depuis 2016.»

« Avant de rejoindre la coopérative, je perdais au moins 10% de mes produits car j'utilisais des méthodes inefficaces. Grâce à cette coopérative, j'ai pu me familiariser avec des technologies et des pratiques améliorées qui m'ont aidé à réduire les pertes de grains. Je fais maintenant plus de profits », explique Timothy, propos recueillis par le PAM dans son communiqué. L'homme ajoute :  « Je reçois également des SMS sur le prix du marché, ce qui m'aide à prendre des décisions éclairées sur l'endroit et le moment où vendre mes produits. »

Rufina Deodatu, 44 ans, habitante du village de Khalachulu, a rejoint la coopérative Gwiritse en 2016 et a commencé à stocker ses produits dans l'entrepôt en 2017, écrit le PAM. Contrairement à avant, grâce à la coopérative, elle a maintenant accès à des prêts. Elle reçoit également des informations essentielles sur le marché qui lui permettent de proposer de meilleurs prix.

« Auparavant, je vendais mes produits à des commerçants qui dictaient les prix. En tant que vendeur individuel, je n'avais pas le pouvoir de négocier de meilleurs prix. Depuis que j'ai rejoint la coopérative, j'ai compris le pouvoir des chiffres : nous pouvons négocier de meilleurs prix avec les commerçants. Si l'un propose des prix trop bas, nous passons au suivant jusqu'à ce que nous obtenions les meilleurs prix pour nos produits, » raconte Rufina au PAM. Elle précise : « J'ai utilisé une partie de mes revenus des années précédentes pour acheter du bétail, que je vends ensuite pour acheter des engrais. J'utilise aussi le fumier du bétail dans mes jardins ».

Dans son communiqué, le Programme alimentaire mondial souligne que « Grâce à un financement de l'Agence flamande de coopération internationale, le PAM a formé 61 000 membres d'organisations paysannes, dont 49 % de femmes, à la gestion des semences post-récolte, au classement, au stockage, à la mise en sac des semences ainsi qu'à la gestion des entrepôts et à la gestion financière.»

Commencé il y a huit ans, en 2011, ce projet a ainsi "permis aux agriculteurs participants d'acquérir de nouvelles compétences et ont reçu des conseils sur la façon d'accéder aux marchés". Et par conséquent, "les agriculteurs comme les membres de la coopérative Gwiritse à Lilongwe ont réussi à sortir de la pauvreté et de la faim et sont maintenant équipés pour être des acteurs compétitifs sur les marchés."

rse-magazine.com

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