Pape Mbor Ndiaye

Pape Mbor Ndiaye

Une étude publiée dans la revue scientifique The Cryosphere a dressé un bilan alarmant : ces trois dernières décennies, la fonte des glaces s'est accélérée de 65%. L'évolution des calottes glaciaires suit désormais les pires scénarios du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Avec des effets directs et indirects qui nous plongent au cœur d'un cercle vicieux.

Les scientifiques observent depuis les années 80 que de la quantité de glace diminue progressivement sur Terre. Ils savent désormais que la fonte s’est accélérée de 65% ces trois dernières décennies. Le phénomène a été mis en avant dans une étude réalisée par l'Université de Leeds et parue dans la revue scientifique The Cryosphere en janvier 2021. Elle est la première à passer en revue la fonte des glaces à l’échelle mondiale. Avec un constat alarmant :  "Les calottes glaciaires suivent maintenant les pires scénarios de réchauffement climatique définis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat" a alerté Thomas Slater, chercheur à l'Institut des sciences et du climat de l'Université de Leeds. Ces épaisses couches de glace terrestres jouent un rôle essentiel dans la stabilisation du climat en réfléchissant les rayons du soleil.

Les scientifiques ont suivi l'évolution des calottes glaciaires, des glaces dérivant dans l’Arctique et quelques 215 000 glaciers de montagne par le biais d'images satellites. Sans surprise, tous les sites étudiés ont été atteints, avec une perte totale de glace estimée à 28 000 milliards de tonnes entre 1994 et 2017. La région la plus touchée reste l’océan Arctique, avec 7 600 millions de tonnes disparues, et des plates-formes de glace de l'Antarctique, avec 6 500 millions de tonnes. Est directement pointée du doigt l'augmentation de la température de l'atmosphère et des océans.

Des conséquences directes et indirectes

La fonte des glaces a des effets à la fois directs et indirects. Elle a déjà entraîné une hausse du niveau de l’océan de 35 millimètres. "L'élévation du niveau de la mer à cette échelle aura des effets très graves sur les communautés côtières au cours de ce siècle" ajoute le chercheur.  Et pour cause : il est estimé que pour chaque centimètre, environ un million de personnes risquent d'être déplacées des terres basses. La fonte des glaciers de montagne met également en danger les réserves en eau des populations locales.

Elle entraîne aussi des réactions en chaîne. "L'un des rôles clés de la glace de mer arctique est de refléter le rayonnement solaire dans l'espace, ce qui aide à garder l'Arctique frais, explique Isobel Lawrence, chercheuse au Centre d’observation et de modélisation polaire de Leeds. "À mesure que la glace de mer se rétrécit, davantage d'énergie solaire est absorbée par les océans et l'atmosphère, ce qui fait que l'Arctique se réchauffe plus rapidement que partout ailleurs sur la planète. Non seulement cela accélère la fonte des glaces de mer, mais cela aggrave également la fonte des glaciers et des calottes glaciaires, ce qui fait monter le niveau de la mer", ajoute la chercheuse. Un cercle vicieux qui s’emballe, alors que l'année 2020 a été déclarée comme la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2016.

NTC

L'investisseur principal dans cette opération est le milliardaire Patrice Motsepe qui a été soutenu par African Rainbow Capital (ARC) via sa participation dans la société de capital-investissement ARCH Emerging Markets Partners,

La startup sud-africaine Sun Exchange, spécialisée dans les énergies renouvelables, a levé 3 millions de dollars auprès d'une entreprise soutenue par l'un des hommes d'affaires les plus riches du pays, a déclaré ce mardi la firme.

Sun Exchange qui commercialise des « unités » sur des projets solaires avec l'objectif de gagner un revenu de location en cryptomonnaie a jusqu'ici levé 4 millions de dollars dans le cadre d'un cycle de financement de série A qui a débuté en 2019.

Sur ce montant, 3 millions de dollars mobilisés ce mardi par le milliardaire Patrice Motsepe, soutenu par African Rainbow Capital (ARC) via sa participation dans la société de capital-investissement ARCH Emerging Markets Partners, basée au Royaume-Uni, indique la jeune pousse dans un communiqué.

Le financement souligne la demande croissante sur le segment du solaire et l'appétit grandissant des investisseurs pour les technologies financières non conventionnelles en Afrique du Sud, alors que la pandémie actuelle réduit les sources traditionnelles de financement des entreprises.

Un business basé sur le crowdfunding

Le magnat des mines Motsepe a fondé l'ARC en 2016 pour parier sur les technologies futures du continent et a financé des startups, comme Tyme Bank (banque digitale) et le fournisseur d'accès Internet mobile Rain.

Basée au Cap, Sun Exchange, travaille sur un modèle de crowdfunding, en commercialisant des panneaux solaires dans le cadre d'un projet proposé pour collecter des fonds. Le projet ne démarre que quand tous les panneaux sont vendus. Aujourd'hui, la startup dirige des projets d'énergie solaire dans 24 écoles, centres commerciaux et parcs d'affaires dans toute l'Afrique du Sud.

Des chercheurs se sont penchés sur le coût de l'inaction climatique. Le non-respect de l'Accord de Paris, qui vise un réchauffement limité à 2°C voire 1,5°C d'ici la fin du siècle, pourrait coûter jusqu'à 600 000 milliards de dollars. Il est donc urgent que les États relèvent leurs ambitions alors que la COP26 sur le climat a été reportée à 2021 en raison du Covid-19.

Le non-respect des objectifs de l'accord de Paris en matière de réchauffement climatique pourrait coûter jusqu'à 600 000 milliards de dollars d'ici la fin du siècle, selon une étude publiée mi-avril dans Nature Communications. L'accord, signé en 2015, affiche l'objectif de contenir le réchauffement "nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels" et si possible à 1,5°C, les pays s'engageant sur des "contributions nationales" (NDC) à renouveler tous les cinq ans.   

L'étude identifie les coûts tels que les dommages liés aux événements climatiques, ainsi que les investissements  comme les technologies bas-carbone, pour évaluer les pertes ou gains théoriques pour l'économie mondiale selon différents scénarios. Si les NDC actuelles n'étaient pas rehaussées, cela pourrait coûter entre 126 000 et 616 000 milliards de dollars aux Etats d'ici 2100. Pire, si les NDC actuelles n'étaient pas appliquées, les pertes approcheraient les 800 000 milliards de dollars dans le pire des scénarios, soit entre 1,4 et 7,5 fois le PIB mondial actuel.  

Immenses pertes économiques

À contrario, l'économie mondiale pourrait voir des gains de 336 000 à 422 000 milliards en respectant les objectifs de 2°C ou 1,5°C respectivement. Et un équilibrage des pertes et des recettes nécessiterait des investissements entre 18 000 et 113 000 milliards dollars, dont plus de 90 % de la part des pays du G20, selon l'étude.  

"Sans ces investissements, les émissions (de gaz à effet de serre) ne peuvent être réduites, et les dommages climatiques auront une plus grande probabilité de se produire, entraînant d'immenses pertes économiques. Si les pays sont conscients qu'ils vont encourir ces pertes s'ils ne réduisent pas leurs émissions, seront-il plus rationnels dans leurs choix, renforçant leur réponse au changement climatique ?", interroge déclaré Biying Yu, de l'Institut de technologie de Pékin, principal auteur de l'étude.   

Les NDC actuelles - qui devaient être révisées lors de la COP 26 en novembre à Glasgow, reportée pour cause de pandémie de Covid-19 - placent la planète sur la trajectoire d'un réchauffement de 3°C à 4°C d'ici 2100, selon les experts de l'ONU. Sept pays ont à ce jour présenté une nouvelle contribution climatique nationale sans forcément en relever l'ambition. Ils représentent en outre 2,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

 AFP

D’un côté, le Parlement européen adopte la taxonomie pour réellement verdir les investissements dans l’Union. De l’autre, les 150 citoyens de la convention pour le climat remettent au gouvernement des mesures ambitieuses et disruptives pour mettre la France sur la voie d’une baisse drastique de ses émissions. Deux preuves que le monde plus durable du "jour d’après" n’est pas qu’une utopie.

L’épidémie de Covid-19 a lancé le grand débat sur le monde d’après, porté par l’idée que la crise sanitaire serait une césure entre le monde d’avant au modèle économique ravageur et celui d’après où le respect des humains et de l’environnement dominerait le monde. Difficile de croire à ce coup de baguette magique apporté par un virus malin. Pourtant à quelques jours de distance deux signaux montrent que le monde change vite et que les citoyens et leurs élus sont prêts à aller beaucoup plus rapidement vers la transition écologique que ne le croient ceux qui parlent en leur nom.

La taxonomie des activités vertes a été adoptée par Parlement européen le 18 juin. Bien plus qu’un référentiel technique, elle crée un langage commun à tous les pays membres dont les priorités écologistes restent très variables. C’est la pierre angulaire d’un dispositif qui doit permettre aux États, aux entreprises et aux investisseurs de définir leur part verte et de crédibiliser le déploiement du Green Deal. Elle fera partie intégrante de la régulation européenne dès 2021.

Des experts européens aux propositions citoyennes

Il y a trois ans, nous avions fait un rêve, nous les membres du groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable : dessiner le modèle européen d’une autre finance qui réconcilierait les objectifs environnementaux et sociaux de l’Europe et ses pratiques financières. Nous étions une trentaine choisis la par la Commission Européenne pour rédiger un rapport dont le rayonnement a précédé le lancement du plan d’action de la Commission, en mars 2018. Il prévoyait l’adoption de cette taxonomie pour 2020. Ce calendrier nous semblait utopiste au vu du nombre d’obstacles qui se dressaient sur la route de ce projet. Et pourtant la magie de ce HLEG auquel je suis très fière d’avoir participé, nous a laissé croire qu’il pouvait naître d’un projet de régulation une aventure humaine collective et enthousiasmante.

Ceux qui combattent le projet de transformation vers un monde plus vert et plus durable sous-estiment sa capacité à redonner de l’espoir à un monde qui en manque tant.  Les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat le montrent bien. 150 citoyens d’âges, de milieux et de conviction différents ont très sérieusement travaillé pour dessiner un monde plus respectueux du climat. Les commentaires s’étonnaient du sérieux de leur travail et de la puissance disruptive de leurs propositions.

Ces deux éléments montrent que lorsque les citoyens ont toutes les cartes en main, ils font d’autres arbitrages et qu’il ne sera pas possible d’atteindre nos objectifs climatiques sans une transformation radicale de nos modes de production et de vie. Ils ont jeté un pavé vert dans la mare. Les résultats du second tour des Municipales fin juin et les changements de gouvernement éventuels qui suivront diront jusqu’où ce coup de vent vert a porté.

NVTC

Pour la Journée mondiale de l'environnement 2020, tout le monde est invité à partager les raisons pour lesquelles il est temps pour la nature.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement 2020, tout le monde est invité à partager les raisons pour lesquelles il est temps de protéger la nature. La nature est sur le point de s'effondrer. Un million d'espèces animales et végétales sont susceptibles de bientôt disparaître. Faites partie de la solution et rejoignez notre appel mondial à agir #PourLaNature.

La biodiversité, ou diversité biologique, est la multitude d'êtres vivants qui composent la vie sur Terre. Elle englobe les quelque 8 millions d'espèces présentes sur la planète : des plantes et des animaux aux champignons et aux bactéries et les écosystèmes qui les abritent tels que les océans, les forêts, les environnements montagneux et les récifs coralliens.

La biodiversité, ou diversité biologique, est la multitude d'êtres vivants qui composent la vie sur Terre. Elle englobe les quelque 8 millions d'espèces présentes sur la planète : des plantes et des animaux aux champignons et aux bactéries et les écosystèmes qui les abritent tels que les océans, les forêts, les environnements montagneux et les récifs coralliens.

Mais, la nature est en crise. Nous perdons des espèces à un rythme mille fois plus élevé qu'à tout autre moment de l'histoire de l'humanité et un million d'espèces sont menacées d'extinction. 

Chaque année, les Nations unies célèbrent le 22 mai la Journée internationale de la diversité biologique, afin de mieux faire comprendre et connaître les questions liées à la biodiversité. Cette année, en raison de la pandémie COVID-19, cette occasion sera commémorée par la toute première campagne en ligne. Le thème de l'événement est "Nos solutions sont dans la nature"

Les solutions fondées sur la nature offrent des moyens de promouvoir le bien-être humain, de lutter contre les changements climatiques et de protéger notre planète vivante. 

"Ce thème montre que l'homme fait partie de la nature plutôt que d'en être séparé", déclare Elizabeth Mrema, secrétaire exécutive par intérim de la Convention sur la diversité biologique.

Pourquoi la biodiversité est-elle importante pour les être humains ?

"Malgré toutes nos avancées technologiques, nous sommes totalement dépendants d'écosystèmes sains et dynamiques pour notre eau, notre nourriture, nos médicaments, nos vêtements, notre carburant, notre logement et notre énergie", déclare ElizabethMrema.

 

La biodiversité garantie un sol fertile, ainsi qu'une variété d'aliments, y compris des fruits et des légumes à manger. Elle est à la base de la plupart de nos industries et de nos moyens de subsistance et contribue à la régulation du climat grâce au stockage du carbone et à la régulation des précipitations. Elle filtre également notre air et notre eau et atténue l'impact des catastrophes naturelles telles que les glissements de terrain et les tempêtes côtières. 

Sur terre, les écosystèmes et les refuges de biodiversité les plus importants sont les forêts, qui abritent la plus grande partie de la biodiversité terrestre : 80 % des espèces d'amphibiens, 75 % des espèces d'oiseaux et 68 % des espèces de mammifères, selon le rapport sur La Situation des forêts du monde.

Pourquoi la biodiversité est-elle importante pour notre santé ?

"Des écosystèmes sains peuvent protéger contre la propagation des maladies : Là où la biodiversité indigène est élevée, le taux d'infection de certaines zoonoses (rapport en anglais) peut être réduit", explique Doreen Robinson, experte en biodiversité du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).  

En moyenne, une nouvelle maladie infectieuse apparaît chez l'être humain tous les quatre mois et 75 % de ces infections proviennent des animaux. Ces zoonoses peuvent se propager à l'être humain lorsque nous détruisons les habitats des animaux ou que nous faisons du commerce illégal d'animaux sauvages, car notre exposition aux agents pathogènes augmente.

La nature est également une source essentielle de nombreux médicaments utilisés en médecine moderne. Les plantes, les animaux et les microbes permettent aux chercheurs médicaux de comprendre la physiologie humaine et de traiter des maladies.  Quatre milliards de personnes dépendent principalement des médicaments naturels, et environ 70 % des médicaments contre le cancer sont soit des produits naturels, soit des produits synthétiques inspirés par la nature. Aux États-Unis, au moins 118 des 150 principaux médicaments délivrés sur ordonnance proviennent de sources naturelles

En quoi la biodiversité est-elle liée à l'économie ?

La biodiversité est la base de la prospérité économique. Environ 44 000 milliards de dollars de valeur économique générée, soit plus de la moitié du PIB mondial (rapport en anglais), dépendent modérément ou fortement de la nature et des services qu'elle fournit. 

La construction, l'agriculture, l'alimentation et les boissons sont les trois principales industries qui dépendent le plus de la nature. Ces industries nécessitent soit l'extraction directe de ressources des forêts et des océans, soit dépendent de services écosystémiques tels que des sols sains, une eau propre, la pollinisation et un climat stable.

Parmi les centaines de millions de personnes qui vivent dans la pauvreté, plus de 70 % d'entre elles dépendent des ressources naturelles pour gagner leur vie, que ce soit grâce à l'agriculture, la pêche, la sylviculture ou d'autres activités liées à la nature. 

 

Le recul de la demande et les risques croissants pour les investisseurs pourraient amputer des deux tiers la valeur des énergies fossiles, et les profits de ce secteur, selon un rapport d'experts publié jeudi.

La concurrence d'énergies non carbonées aux coûts de plus en plus compétitifs, et les politiques des Etats en matière climatique et de souveraineté énergétique sont en train de pousser l'industrie du pétrole, du gaz et du charbon, vers le "déclin final", estime le think tank Carbon Tracker.

"Le déclin final commence quand la demande atteint son sommet", explique à l'AFP l'auteur principal, Kingsmill Bond, ex-analyste financier à la City de Londres.

Avant l'épidémie de Covid-19, la plupart des experts situaient entre le milieu et la fin de la décennie 2020 le sommet de la demande mondiale de pétrole. Les groupes pétroliers visent plus loin, le PDG de Total anticipant, dans une interview jeudi, une demande à son maximum à 2030.

Mais la crise générée par l'épisode de confinement mondial pourrait accélérer le processus, selon Carbon Tracker : "il se peut que nous ayons atteint ce pic", estime M. Bond.

 

L'essor des technologies renouvelables

Les entreprises des énergies fossiles représentent aujourd'hui 18.000 milliards de dollars en actions cotées, soit un quart de la valeur des marchés, relève le rapport. Si la demande reculait de 2% par an -- conformément aux objectifs de l'accord de Paris de maintenir le monde sous 2°C de réchauffement -- leurs profits futurs seraient amputés des deux tiers. Ils tomberaient à 14.000 milliards, au lieu des 39.000 milliards estimés par la Banque mondiale, selon le calcul de Carbon Tracker.

A ce jour, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit une chute de 8% de la demande d'or noir en 2020 -- tout en redoutant une montée du charbon. "Personne ne connaît l'ampleur de la reprise en 2021," poursuit M. Bond. Mais le temps de retrouver les niveaux passés, "les technologies renouvelables seront assez développées pour répondre à la croissance de la demande".

 

En 2019, l'électricité d'origine renouvelable a représenté 72% de la croissance du secteur électrique, selon l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA).

Quand une technologie concurrente absorbe la croissance et dépasse 5% du marché, la technologie plus ancienne entame son déclin, comme l'histoire industrielle l'a montré, argumente Carbon Tracker.

Les renouvelables génèrent aujourd'hui un quart de l'électricité, mais représentent 4% de la consommation d'énergie primaire.

"Il est temps de préparer une liquidation ordonnée des actifs fossiles et de gérer l'impact sur l'économie mondiale, plutôt que d'essayer de soutenir ce qui n'est pas soutenable", appelle le rapport. A défaut, celui-ci annonce une onde de choc massive pour l'économie mondiale et des risques d'instabilité dans certains gros pétro-Etats.

Bravant une pluie diluvienne, des centaines de paysans avaient en juillet 2019 passé une journée entière à planter 20.000 pousses d'acacia sur un coteau aride près de la ville de Buee, dans le sud de l'Éthiopie.

Ils répondaient à l'appel du Premier ministre Abiy Ahmed à planter 200 millions d'arbres en un jour - un record repris par les journaux du monde entier.

Un an plus tard, et tandis que le monde célèbre vendredi la journée de l'Environnement, les résultats ne sont pas à la hauteur de l'ardeur des paysans, admet Ewnatu Kornen, un responsable local. Plus d'un tiers des pousses ont été balayées par les pluies et les survivantes peinent à s'épanouir dans cette terre peu fertile.

La déconvenue des agriculteurs de Buee illustre les écueils de la campagne de reforestation éthiopienne, un axe pourtant clé du programme "Héritage vert" d'Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019, visant à développer l'écotourisme et à transformer le pays en une économie respectueuse de l'environnement.

Quelque 353 millions de jeunes arbres - soit 153 millions de plus que l'objectif initial - ont été mis en terre à travers le pays ce jour-là, selon les chiffres officiels. Ces derniers estiment plus largement que 4 milliards d'arbres ont été plantés au long de la saison des pluies - entre juin et septembre en Ethiopie.

Le Premier ministre a fixé un nouvel objectif de cinq milliards d'arbres pour la saison des pluies 2020 mais le programme de reforestation fait l'objet de critiques.

A l'étranger, des doutes ont été émis quant à la crédibilité des impressionnants chiffres de l'année passée. Et sur place, certains experts contestent l'organisation et le suivi de cette campagne.

Le taux de survie des arbres "hautement exagéré"

"L'essentiel ce n'est pas les chiffres (...) mais l'efficacité du programme de plantations", estime Negash Teklu, qui dirige le Consortium éthiopien pour la population, la santé et l'environnement, un groupement d'ONG locales.

Negash Teklu assure soutenir la politique de reforestation du Premier ministre. Mais il suspecte que le taux de survie des arbres annoncé par Abiy Ahmed en mai - 84% des 4 milliards plantés - soit "hautement exagéré". Aucune étude indépendante n'a été conduite.

 

Le militant souligne également le manque de pédagogie auprès des citoyens. Ainsi à Addis Abeba, certaines bonnes volontés ont planté de grands arbres au milieu de rues passantes où ils n'avaient aucune chance de survivre, tandis que d'autres mettaient en terre des arbres d'ornement dans des forêts sauvages en périphérie de la capitale.

A l'avenir, estime Negash Teklu, les autorités devront mieux guider la répartition des pousses et mieux expliquer aux citoyens comment la reforestation peut améliorer leur vie.

"Il ne devrait pas s'agir d'une campagne d'un jour, une fois par an. Mais d'une approche qui implique chaque citoyen, où qu'il soit", toute l'année, ajoute-t-il.

Belaynesh Zewdie, experte forêt du Programme des Nations unies pour le développement, installée à Buee, fut aux premières loges pour observer comment de tels projets peuvent mal tourner sans soutien des communautés.

 

A la fin des années 1980, sous le régime communiste du Derg, elle participa à la plantation d'un million d'acacias dans la région Amhara, dans le nord du pays. A la chute du Derg en 1991, des résidents en colère ont arraché les arbres de ce projet imposé par le pouvoir central, pour y cultiver la terre, se souvient-elle.

Unir le peuple

Au cours des dernières années, Belaynesh Zewdie a travaillé sur un projet qui tente, cette fois, d'apporter des bénéfices concrets aux populations locales. En plus d'employer 17 femmes des environs, ce programme inclut par exemple la construction de bassins destinés au bétail des éleveurs.

Résultat: des hectares et des hectares d'arbres florissants. "En peu de temps, vous pouvez changer beaucoup de choses", estime Belaynesh Zewdie. "Je suis moi-même impressionnée chaque fois que je viens ici. C'est incroyable".

Même s'il a imposé l'état d'urgence en avril en raison de l'épidémie de coronavirus, Abiy Ahmed reste déterminé à atteindre l'objectif de planter 5 milliards d'arbres cette année.

 

"L'année dernière, nous avons tous répondu à l'appel national et avons atteint notre objectif", a-t-il déclaré mercredi sur Twitter, invitant les Éthiopiens à renouveler l'exploit "en respectant les mesures de distanciation sociale".

Dans la perspective des prochaines élections générales - dont la date n'est pas encore fixée -, les autorités espèrent que l'initiative pourra aider à faire fi des clivages politiques et ethniques et à "unir notre peuple", souligne Sileshi Degefa, directeur du Jardin botanique Gullele d'Addis Abeba.

Pour lui, des leçons ont aussi été tirées de l'année passée. "J'espère donc que nous planterons les bonnes espèces aux bons endroits", dit-il, ajoutant cependant "qu'avec de tels grands programmes, on ne peut pas espérer la perfection".

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